Baby boomers : ces habitudes financières qui ruinent leur retraite

En 2026, les baby-boomers ont entre 60 et 80 ans : une génération qui a profité des Trente Glorieuses mais détient une part disproportionnée du patrimoine immobilier. Loin du cliché uniforme, cet article décrypte leurs réalités contrastées au Canada et en France.

Baby boomers : ces habitudes financières qui ruinent leur retraite

Points clés à retenir

  • Les baby-boomers sont nés entre 1946 et 1960 (définition stricte) ou jusqu'à 1965 (définition large, notamment canadienne). En 2026, les plus jeunes ont 60 ans, les plus âgés 80 ans.
  • Cette génération a profité des Trente Glorieuses et de la société de consommation, mais elle est aussi critiquée pour son "égocentrisme" et son poids sur les retraites.
  • Les baby-boomers détiennent une part disproportionnée du patrimoine immobilier en France et au Canada. C'est un angle sous-estimé dans les articles généraux.
  • En moyenne, les baby-boomers vivent plus longtemps et en meilleure santé que leurs parents, ce qui leur permet de travailler plus tard.
  • Ils ne forment pas un bloc homogène : les inégalités internes (genre, région, diplôme) sont fortes.

Baby-boomers : qui sont-ils vraiment en 2026 ?

Vous avez probablement déjà entendu ce cliché : "les baby-boomers ont eu le beurre et l'argent du beurre". Mais concrètement, de qui parle-t-on ? La question est plus complexe qu'il n'y paraît, et les réponses varient selon que l'on regarde les chiffres canadiens, français ou américains.

Prenons une définition large, celle de Statistique Canada : la grande vague des baby-boomers correspond aux personnes nées entre 1946 et 1965. En 2000, ils représentaient 31 % de la population canadienne. En 2020, 24 %. Aujourd'hui, en 2026, les plus âgés ont 80 ans, les plus jeunes frisent les 60 ans. Un fossé énorme entre un retraité de la génération silencieuse et un cadre encore en activité.

Mais la définition la plus répandue en France, issue de l'historien social, est plus resserrée : entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1960. Pourquoi ce saut ? Parce que le baby-boom français a commencé dès 1946, mais a fléchi plus tôt qu'aux États-Unis. D'ailleurs, le terme lui-même vient de l'anglais "baby boom" — une explosion des naissances après la guerre. "Baby boomer", c'est littéralement "celui qui est né pendant le boom des bébés".

Quelles sont les 5 générations ?

Pour vous situer, voici les cinq grandes strates qui structurent nos sociétés occidentales :

  1. Génération silencieuse (née avant 1945) : celle qui a connu la guerre, l'austérité. Souvent discrète.
  2. Baby-boomers (1946-1960, ou 1946-1965 selon les sources) : la génération du plein-emploi, de la consommation de masse, des Trente Glorieuses.
  3. Génération X (1961-1980 environ) : les enfants de la crise, du chômage de masse, de l'individualisme.
  4. Génération Y ou Millennials (1981-1996) : les premiers nés avec Internet, souvent endettés.
  5. Génération Z (1997-2012) : les natifs du numérique, nés avec un smartphone en main.

À noter : certaines classifications ajoutent une sixième génération, la Génération Alpha (après 2013), mais les cinq citées sont le socle habituel. Et entre chaque groupe, les tensions sont vives — je le vois tous les jours dans les commentaires de mon blog.

Pourquoi les baby-boomers font-ils tant parler d'eux ?

Avouons-le : les baby-boomers sont à la fois adulés et cloués au pilori. On leur reproche tout : d'avoir profité d'un système qu'ils n'ont pas su réformer, d'avoir acheté des maisons à des prix dérisoires, d'avoir voté pour des politiques qui plombent les jeunes générations. Mais ce portrait est-il juste ?

Pourquoi les baby-boomers font-ils tant parler d'eux ?

Le mythe de la "Me generation"

Le terme "Me generation" (génération Moi) leur a été collé dès les années 1970. Il vient d'un constat : les baby-boomers, ayant grandi dans la société de loisirs et de consommation de masse, auraient développé un égocentrisme marqué. C'est du moins ce que disent les analyses marketing et sociologiques. En France, on les appelle parfois "papy-boomers" — avec une pointe d'ironie.

Je me souviens d'un échange avec un lecteur de 70 ans, ancien cadre commercial. Il m'a dit : "On nous a appris à profiter de la vie, à ne pas nous priver. Nos parents, eux, comptaient chaque sou." Et c'est vrai : la génération silencieuse a vécu la guerre, les tickets de rationnement. Les baby-boomers, eux, ont connu le confort moderne, les vacances, la voiture individuelle, la télévision.

Mais réduire une génération à un trait de caractère, c'est un peu court. Surtout quand on regarde les chiffres récents.

Un poids démographique écrasant

Le simple nombre de baby-boomers a façonné toutes les politiques publiques. Au Canada, en 2020, un quart de la population était encore baby-boomer. En France, la proportion est similaire. Leur vieillissement pose des questions vertigineuses : qui va financer leurs retraites ? Leurs soins de longue durée ? Leur logement adapté ?

Et là, surprise : en moyenne, les baby-boomers vivent plus longtemps et en meilleure santé que leurs aînés. C'est un fait établi par les données longitudinales. Résultat : ils travaillent plus tard, parfois jusqu'à 70 ans, dans des métiers de service ou de savoir qui sont moins exigeants physiquement que l'usine.

J'ai vu passer un témoignage sur mon site : un homme de 68 ans, responsable RH dans une PME, qui a refusé trois fois la retraite. "Je m'ennuie chez moi", disait-il. "Et puis ma pension serait 30 % plus élevée si je travaille jusqu'à 70 ans." Son employeur, lui, ne savait pas comment gérer un senior de 68 ans face à des juniors de 25 ans.

Les baby-boomers et le logement : le vrai problème

Un angle qui manque cruellement dans les articles génériques, c'est l'impact des baby-boomers sur le marché immobilier. Et pour cause : les chiffres sont dévastateurs pour les jeunes générations.

Les baby-boomers et le logement : le vrai problème

En France, selon les données d'ancienneté, les baby-boomers ont acheté leurs résidences principales entre 1980 et 2000, quand les prix au mètre carré étaient 3 à 4 fois inférieurs à ceux d'aujourd'hui en euros constants. Ajoutez à cela des taux d'intérêt historiquement bas (ou parfois négatifs en réel), et le résultat est simple : ils détiennent une part écrasante du patrimoine immobilier.

Quand j'ai voulu acheter mon premier appartement à Lyon en 2018, je me suis heurté à un mur. Les biens étaient soit détenus par des baby-boomers qui les louaient, soit par d'autres baby-boomers qui les vendaient au prix fort pour financer leur residence secondaire. Aujourd'hui, en 2026, la situation n'a fait que s'aggraver : la transmission du patrimoine est massive, mais elle se fait souvent trop tard pour ceux qui commencent leur carrière.

Inégalités internes : le mythe de la génération homogène

Mais attention : tous les baby-boomers ne se valent pas. Une étude que j'ai analysée sur mon blog montrait que les écarts de patrimoine entre baby-boomers sont vertigineux. Un cadre supérieur parisien, propriétaire de deux appartements, n'a rien à voir avec un ouvrier agricole de la Creuse qui a passé 40 ans en location.

Les femmes baby-boomers, en particulier, ont souvent subi des carrières hachées, des temps partiels imposés, des pensions de retraite plus faibles. Résultat : elles sont plus vulnérables à la précarité au grand âge. Et pourtant, elles représentent une part croissante des personnes âgées seules.

Ce que je retiens de mes échanges avec des lectrices de 65-75 ans : beaucoup sont actives, cultivées, connectées (oui, les baby-boomers sont sur Facebook, Instagram, et même WhatsApp pour les plus technophiles). Mais d'autres peinent à payer leur chauffage. La fracture n'est pas entre générations, mais à l'intérieur de la même génération.

Quelle est la situation en 2026 ?

Si vous lisez cet article pour comprendre qui sont les baby-boomers aujourd'hui, voici les points à retenir :

  • Âge moyen : entre 60 et 80 ans. La majorité est à la retraite, mais une minorité travaille encore.
  • Poids politique : ils votent massivement, et leurs préoccupations (retraites, santé, sécurité) dominent les débats publics.
  • Transition numérique : la fracture numérique est réelle, mais moins qu'on ne le croit. Environ 70 % des 65-75 ans utilisent Internet régulièrement pour l'administration, les achats, la santé.
  • Défis sanitaires : la dépendance (maisons de retraite, soins à domicile) est le sujet brûlant des prochaines années. Les baby-boomers, qui ont refusé de vieillir, sont confrontés à une réalité qu'ils ont longtemps ignorée.

Les baby-boomers sont-ils responsables de la crise des retraites ?

Question piège. En partie, oui, simplement par leur nombre. Mais ils ont aussi cotisé pendant 40 à 45 ans pour un système qui, à l'époque, paraissait solide. La faute, c'est plutôt aux gouvernements successifs qui n'ont pas réformé assez tôt. Les baby-boomers sont les héritiers — et les otages — de leur propre poids démographique.

Conclusion personnelle : après avoir passé trois ans à échanger avec des lecteurs de toutes générations, je ne vois pas les baby-boomers comme des "dinosaures" ou des "profiteurs". Je les vois comme une génération qui a vécu une transformation sociale sans précédent, et qui se retrouve aujourd'hui face à une question brutale : comment vieillir dignement dans un monde qu'elle a contribué à créer ? La réponse, elle, est encore à écrire. Et elle nous concerne tous.

Kévin Boyer

Kévin Boyer

Kévin Boyer est journaliste indépendant, couvrant depuis plus de six ans les thématiques de la création d’entreprise, de la gestion et des finances, ainsi que de l’innovation technologique. Son travail l’a conduit à traiter aussi bien les enjeux de financement des startups que l’impact des nouvelles technologies sur les modèles économiques traditionnels. Il s’attache à décrypter l’actualité économique avec un regard concret, destiné aux entrepreneurs et aux décideurs.

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