Spirit of Spring
by admin on avr.05, 2012, under Légendes
Un jour, alors que son feu était en train de mourir, un beau jeune homme entra dans la hutte. Ses joues étaient rouges et ses yeux pétillaient. Il marchait d’un pas rapide et léger et portait des fleurs odorantes à sa main.
» Ah mon fils, dit le vieil homme, je suis heureux de te voir, entre, raconte moi tes aventures et parle moi des pays que tu as traversés. Je te raconterai mes plus beaux exploits et tu feras de même et nous nous amuserons bien! »
L’homme extraya de son sac une étrange pipe qu’il remplit de tabac et la tendit à son invité. Ils fumèrent tous les deux et commencèrent à raconter leurs histoires.
« Je suis Peboan, l’esprit de l’hiver, dit le vieil homme, je souffle et les ruisseaux deviennent immobiles. Les eaux gèlent et deviennent aussi dures que des pierres. »
« Je suis Seegwun, l’Esprit du printemps, répondit le jeune homme, je souffle et les fleurs éclosent dans les prés et dans les bois. »
« Je secoue mes mèches de cheveu, dit le vieil homme, et la neige couvre la terre. Les feuilles tombent des arbres et mon souffle les balaye. Les oiseaux s’envolent vers des pays lointains et les animaux se cachent pour se protéger du froid. »
« Je secoue mes tresses, dit le jeune homme, et des averses chaudes de pluies douces tombent sur la terre. Les fleurs lèvent leurs têtes du sol, et l’herbe devient plus épaisse et verte. Ma voix rappelle les oiseaux, et ils arrivent en volant joyeusement des pays du sud. La chaleur de mon souffle fait couler à nouveau les ruisseaux, qui entonnent des chants d’été. La musique emplit les bosquets que je traverse et toute la Nature est en joie. »
Et pendant qu’ils conversaient, un merveilleux changement se produisit.
Le Soleil commença à se lever, une douce chaleur enveloppa lentement la place.
Peboan, l’Esprit de l’hiver, devint silencieux, sa tête s’affaissa et la neige à l’extérieur de la hutte fondit. Seegwun, l’Esprit du printemps, devint plus radieux et se leva gaiement.
Le rouge-gorge et l’oiseau bleu commencèrent à chanter au dessus de la hutte, le ruisseau fit entendre son murmure et l’odeur des fleurs parfumèrent l’atmosphère.
La hutte disparut lentement et Peboan s’enfonça et disparu dans les eaux du petit ruisseau, c’est ainsi que partit l’Esprit de l’hiver et les enfants indiens purent cueillir les premières fleurs délicatement parfumées, et découvrir la beauté du printemps.
Les Indiens Ashaninka
by admin on avr.02, 2012, under Histoire et Culture
De par leur nombre, de trente mille à quarante mille individus, suivant les sources, les Asháninkas forment le deuxième groupe d’Indiens d’Amazonie péruvienne que les ethnologues définissent comme étant de souche «Arawak pré-andine».
Les Ashaninkas sont présents dans la jungle d’Amérique Latine depuis 5000 ans, leur territoire fut frontalier dans sa partie centrale avec l’empire INCA, avec lesquels, ils avaient, selon les cas, des rapports amicaux ou guerriers, ainsi que des relations de commerce et d’échanges.
Au PEROU quelques groupes rencontrèrent sans doute les blancs pour la première fois à la fin du 16eme siècle, d’autres eurent leurs premiers contacts seulement au 19eme siècle.
Ils se peignent le visage avec une poudre tirée d’une plante, l’achiope, pour se protéger des insectes, du soleil et des rigueurs du climat.
Ils tirent leur subsistance de la pêche, de la chasse, de la culture du riz et du manioc. Ils cultivent aussi le coton, qui sert à tisser leurs vêtements. La commercialisation d’un artisanat fort diversifié et la vente de quelques produits collectés dans la forêt leur procurent de maigres revenus monétaires.
Avant l’arrivée des Espagnols, missionnaires, commerçants et conquistadors au Pérou, les Ashaninkas occupaient un territoire immense aujourd’hui couvert par les départements de Pasco, Junin, Huanuco, et une partie de celui de l’Ucayali. Certaines zones reculées de ces contrées ont la chance d’être encore assez inaccessibles pour demeurer protégées de notre « civilisation ». Mais d’autres, comme les magnifiques vallées des Rio Tambo et du Ené-Apurimac, furent, au cours des quinze dernières années, le théâtre d’un sanguinaire génocide. Une barbarie fomentée par l’alliance entre les hommes du sentier lumineux et ceux du narcotrafic de cocaïne qui, depuis deux décennies, se sont installés dans la région. Leurs enfants étaient kidnappés pour être intégrés dans l’armée terroriste. Il s’agissait d’attaques sauvages sans témoins, auxquelles les Ashaninkas ont su résister grâce à leur force de caractère.
Certes, le gouvernement péruvien a reconnu en 2002 les territoires ashaninkas. Mais cela ne suffira pas à les protéger des trafiquants de bois, qui pillent la forêt.
Cependant, au plus profond de la cordillère de Vilcabamba, une poignée d’Asháninkas tente encore de survivre de façon ancestrale. Pour ce faire, ils fuient de plus en plus haut dans la cordillère, se muant, saison après saison, en Isolés Volontaires.
Surnommée Chaveta, le papillon de la connaissance, les Ashaninka lui ont solennellement demandé de les aider à comprendre ce monde moderne qui s’approche et les menace…
Et Jéromine est désormais investie d’une mission, sauver de l’anéantissement son peuple adoptif, qui, sous la pression des envahisseurs, se réfugie toujours plus haut dans la sierra.
« La différence fondamentale entre eux et nous, c’est que les Indiens des forêts se considèrent avec humilité comme étant partie intégrante de la Nature.
Alors que nous avons décidé de la dominer, sans nous rendre compte que c’est Elle qui nous offre la Vie. »
le rire s’harmonise avec le chant des oiseaux et le chuintement du vent dans les branches.
Tout obéit à une simple loi, survivre dans la joie.
Savons nous encore ce qu’est vivre dans la joie ?
Pourquoi nous sommes nous tant éloignés de cet état de grâce ?
Les Ashaninkas de Vilcabamba font partie des quelques derniers Hommes
sur cette terre capables de vivre l’essentiel et pour l’essentiel.
Mais ils sont de plus en plus menacés…
Indiens Bororo du Mato Grosso
by admin on mar.28, 2012, under Histoire et Culture
Les Bororo également connus sous le nom de « Coroados » ou « Parrudos » sont une tribu indigène amazonienne brésilienne de l’État du Mato Grosso. Le nom de Bororo leur a été donné par les colons. Quand les explorateurs leur demandèrent le nom de leur tribu, ils comprirent qu’ils leur demandaient le lieu où ils étaient. Bororo est l’équivalent de Patio da Aldeia en portugais. Les Bororo se distinguent par la confection d’objets d’artisanat (dont de hautes coiffes en plumes et des vanneries raffinées) et par des peintures corporelles particulièrement riches (à base d’argile) notamment chez les femmes. Ils ont été les premiers amérindiens chez lesquels Claude Lévi-Strauss, dans la seconde moitié des années 1930 a vécu et dont il a étudié la société. Il les évoque notamment dans « Tristes tropiques ». Il a étudié le village de Kejara et a vécu par petites périodes de quelques mois dans différents clans et tribus du Brésil. 1935, Claude Lévi-Strauss part pour le Brésil dans le cadre de la Mission universitaire française, et fait ses premières enquêtes de terrain. L’ethnologue se rend dans le Mato Grosso et découvre les Bororo. «Tout me semblait fabuleux, les paysages, les animaux, les plantes…», écrira-t-il. Les Indiens Bororo vivent alors en autarcie, fidèles à leurs rites et à leurs traditions, vêtus de parures artisanales, et coupés du reste du Brésil. Claude Lévi-Strauss les reconnaîtrait-il aujourd’hui?
Il n’y a pas de données exactes sur leur nombre dans les années 30, mais dans le village de Kejara où Lévi-Strauss séjourne alors, ils étaient 150. Leur population totale au XIXe siècle était de 10 000; plus que 600 dans les années 70. Aujourd’hui, leur démographie est à nouveau assez dynamique, ils sont environ 1.500 et vivent en différents lieux du Mato Grosso, dans le Brésil central. L’Etat brésilien reconnaît six territoires classés administrativement comme terres Bororo.
Les Bororo ont changé, ils s’habillent comme des Brésiliens non Bororo, ils aiment notamment beaucoup les vêtements rouges. Ils ont accès à la plupart des biens de consommation, comme la radio ou la télévision. Les voitures sont collectives, chaque village a un camion et un bateau à moteur. Les Bororo se sont en partie intégrés au reste du pays hormis les plus vieux, ils parlent le portugais, connaissent quelques villes, comme Cuiabá, Rondonópolis, Campo Grande et même São Paulo ou Rio. Ils appellent les anthropologues qui viennent étudier chez eux avec des téléphones portables. Ils font aussi en partie commerce avec le reste du Brésil, ils peuvent vendre sur les marchés des poissons qu’ils pêchent ou des fabrications artisanales. Si un Bororo tombe malade et que le sage de la tribu, détenteur des connaissances médicales, ne peut pas le guérir, il peut se rendre dans un hôpital de la région. Mais Claude Lévi-Strauss n’aurait aucun mal à les reconnaître. S’ils parlent portugais, leur langue (le bororo) prime toujours, et c’est la seule qu’ils parlent entre eux. Il y a des écoles dans les villages où les enfants apprennent les mêmes choses que dans le reste du Brésil, mais ce sont des Bororo formés spécialement au bi-culturalisme qui enseignent, l’éducation traditionnelle continue, avec les rites d’initiation. Les Bororo conservent aussi leur organisation sociale, leurs mythes. Ils se marient au sein de leur peuple, les femmes peuvent se promener seins nus s’il fait très chaud, et les vêtements traditionnels sont de mise pour toutes les cérémonies et rites.
Le principal est le rite funéraire. La mort doit être vengée, la société doit être reconstruite après la mort d’un individu. En reprenant un Bororo, la nature se rend en quelque sorte redevable d’une dette envers la communauté, une chasse collective est organisée, une « expédition contre la nature », écrivait Lévi-Strauss, pour abattre un gros gibier, comme une compensation. Les Bororo procèdent aussi à une double inhumation et à des scarifications rituelles. Entre la mort d’une personne et son inhumation définitive, les rites funéraires peuvent durer presque deux mois, pendant lesquels les Bororo de tous les villages se réunissent, il faut un effort collectif pour venger la mort et reconstruire la société. Le rite funéraire reste donc aujourd’hui ce moment paradoxalement vital pour leur communauté. Pour que la culture Bororo soit protégée et persiste, il existe un organisme brésilien chargé de leur préservation, la FUNAI. Cette culture est encore aujourd’hui beaucoup étudiée par les anthropologues. L’auteur de Tristes Tropiques n’a pas épuisé le sujet, c’est une société stratégique pour l’analyse structuraliste. Les mythes y sont nombreux et la conservation de leur culture est fascinante. Pour les Lévi-Strauss en herbes, au nord du Brésil, dans la région de l’Amazonie, il pourrait encore exister des cultures inconnues et sans contact avec la société nationale. Par Charlotte Pudlowski (journaliste à Slate.fr)
Art de la Parure des Indiens d’Amazonie
by admin on mar.25, 2012, under Histoire et Culture
La peinture corporelle est omniprésente dans les Basses-Terres d’Amérique du Sud. Portée de façon quotidienne aussi bien que dans des contextes rituels, dans la paix comme dans la guerre, elle est plus ou moins élaborée et raffinée dans son application comme dans sa conceptualisation. Certains groupes s’ornent le corps en combinant, selon des règles savantes, jusqu’à une quarantaine de motifs géométriques distincts, tous nommés et reconnus . Des combinaisons de dessins et de couleurs constituent une signalétique sociale très précise : elles indiquent les appartenances tribales, claniques, de classe d’âge, de groupe cérémoniel, comme peuvent le faire les parures en plumasserie, mais aussi l’état relationnel dans lequel se trouve celui qui porte la peinture : veuf depuis moins de six mois, père d’un deuxième enfant âgé de moins de deux mois, convalescent d’une maladie de telle ou telle nature.
Centrée sur les combinaisons de couleurs, la régularité et la délicatesse du travail d’agencement, l’aspect irisé des plumes ou des élytres, le brillant du duvet blanc et des particules de coquilles d’oeufs collées sur le visage, l’esthétique est convoquée pour exhiber l’importance de l’individu (et par extension celle du collectif auquel il se rattache) en même temps que son caractère unique et singulier.
On connaît ainsi, depuis les travaux de Claude Lévi-Strauss puis de Philippe Descola, la dimension hautement symbolique des parures corporelles des peuples amazoniens.
Ne constituent-elles pas le moyen idéal pour transcender la simple condition d’êtres humains ? Comme si les Indiens, insatisfaits de leur existence terrestre, s’ingéniaient à repousser toujours plus loin les frontières des apparences, réinventant sans cesse de nouveaux langages, de nouvelles parures. Aux plumes et aux peintures corporelles échoit ainsi l’extraordinaire pouvoir de renouer les liens originels qui soudaient, autrefois les différents règnes : l’animal, le végétal, et l’humain.
ESPACES DE CULTURES ET ANTHROPOLOGIE
Les Indiens Kayapo
by admin on mar.14, 2012, under Histoire et Culture
Le terme « kayapò » qui signifie « ceux qui ressemblent aux singes », leur a été attribué au XIXéme siècle par les groupes voisins (les Yanomami, les Borroro… ) qui les avaient vu effectuer leurs danses rituelles avec des masques de singes. Cependant, ils préfèrent le terme Mebêngôkre qui signifie dans leur langue « peuple venu de l’eau ».
Autrefois considérée comme une tribu guerrière particulièrement féroce, les Kayapo ont protégé leurs territoires par tous les moyens, déclarant la guerre aux tribus voisines, brûlant des villages ennemis, capturant et tuant bon nombre de colons ayant tentés de s’approcher. Aujourd’hui apaisés, les Kayapo continuent de protéger activement leurs territoires, grâce à quoi ils ont pu assurer la survie de leur communauté et celle de leur culture.
Les Kayapo ont un rapport étroit avec la nature qui les entoure. Selon leur vision de l’univers, tous les êtres vivants, le cosmos, les plantes, l’eau, les animaux… sont intimement liés et forment un tout indissociable. Chaque être vivant n’existe qu’à travers le maintient de cette relation. Le savoir botanique des Kayapo est extrêmement développé sur la plupart des espèces végétales dont recèle leur territoire. Herbes contraceptives, antidotes, anti-douleurs, la forêt leur apporte toute la pharmacopée voulue. Leur credo est de ”puiser sans épuiser”.
Pour ces peintures, les femmes s’inspirent des carapaces de tortues, des pelages d’animaux ou encore de silhouettes de guêpes ou d’abeilles. En effet, les Kayapò pensent que leurs ancêtres ont appris à vivre en société grâce aux insectes. Leur art est avant tout fondé sur des éléments naturels.

Danse kayapó lors d’une manifestation contre un barrage, 2006.
© Survival (http://www.survivalfrance.org)
A cause d’un ethnocentrisme, les indiens ont été décrétés « primitifs » et considérés comme sauvages.
Les blancs se croient donc supérieurs. En outre, les occidentaux auraient tort de sous estimer les peuples d’Amazonie.
En effet, le savoir botanique des kayapò est extrêmement développé. Ils pensent notamment que le remède contre le sida se trouve dans la grande forêt amazonienne. De plus, ce sont les amérindiens qui, depuis des millénaires, cultivent les haricots rouges, les pommes de terre, les tomates, le café ou encore le tabac. S’ils n’avaient pas été aussi savants, les européens ne connaîtraient pas aujourd’hui le ketchup, la purée, les pizzas…
En quoi même, seraient faites nos semelles de chaussures, comment roulerait-on en voiture, sans le caoutchouc provenant des terres brésiliennes ?
Selon une étude, parmi les 119 plantes de base utilisées dans la fabrication de nos médicaments, 74% auraient été découvertes bien avant par les Autochtones. L’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) a alors recensé 21 000 espèces de plantes médicinales utilisées par ces communautés, mais dont les vertus restent a démontrer par des analyses à mener dans les laboratoires occidentaux.
Aujourd’hui devant l’audace de quelques gouvernements, de quelques multinationales ou entreprises illégales, ils viennent à notre rencontre pour nous dire que leur situation est grave.
parce que nous avons laissé faire sans rien dire, ou sans le savoir…
Honoring Native American Women
by admin on mar.08, 2012, under Histoire et Culture
La tribu est la communauté de base, à la fois au plan politique et culturel qui doit être reconnue, pour les Indiens, comme une nation indépendante.
La famille au sein de la tribu pouvait être dirigé par le père ou par la mère. Ce fut un facteur d’étonnement pour les premiers colons européens qui arrivèrent dans le nouveau monde, habitués uniquement au mode patriarcal d’organisation de la société.
En effet, les femmes indiennes exerçaient un très grand pouvoir dans la vie familiale et sociale, et cela était particulièrement marqué chez les Iroquois, qui habitaient le nord-est des Etats-Unis. Les femmes possédaient la terre, prenaient les décisions importantes, et étaient reconnues pour leurs très grandes forces, la capacité à donner la vie et donc à permettre la continuation de la tribu. Elles étaient responsables de la maison et de sa construction. Dans certaines tribus des grandes plaines et chez les Pueblo les femmes étaient propriétaires de la maison et pouvaient divorcer simplement en jetant les affaires de leur mari dehors… les femmes indiennes avait beaucoup de tâches et de devoirs mais en fait cette façon de vivre montrait, dans l’esprit des Indiens , de leurs coutumes et de leurs tradition, à quel point le rôle de la femme indienne était essentiel à la vie de la tribu. Elles travaillaient si dur que beaucoup de colons européens pensaient qu’elles étaient des esclaves. Ils ne pouvaient comprendre en les observant travailler qu’elles étaient honorées et tenues en haute estime au sein de leurs tribus.
Ainsi elles devaient assurer l’approvisionnement de la famille, elles avaient la charge de l’éducation des enfants. Très souvent, elles assuraient la travail des champs et les récoltes et devaient tanner les peaux que les hommes ramenaient de leurs chasses, fabriquer les paniers, pots ou outils dont la famille avait besoin.
Crocus des Prairies
by admin on mar.05, 2012, under Légendes
Wappee était le fils du chef de la tribu des Black Feet. Estimé de tous, il vivait paisiblement entouré des siens. N’ayant peur de rien, à l’abri des intempéries et des bêtes féroces dans le grand tipi, il grandissait en sagesse tout en suivant attentivement les enseignements de son père.
Quand Wappee eut douze ans, son père le fit venir.
« Mon fils, le temps est venu pour toi de devenir un homme. Un jour, si les Esprits le veulent, tu seras le chef. Pour cela, tu dois te montrer à la hauteur de ton peuple. Tu dois partir dans les collines. Tu reviendras dans cinq nuits. Alors, peut-être seras-tu devenu un homme libre, capable de conduire les tiens.»
Wappee quitta la tribu le soir même et se dirigea vers les montagnes. Il s’installa sur le sommet de la plus haute colline. Seul avec les étoiles, il se sentit libre, prêt à affronter tous les obstacles. Au matin, Wappee se leva, le cœur léger. C’était une belle journée de printemps. La neige fondait lentement sous le chaud soleil. Wappee s’assit et médita sur son avenir. Il devait attendre qu’un Esprit bienveillant lui montre, par le biais du rêve, le chemin qui le mènerait de l’enfance vers l’âge adulte. Mais le jour progressait et Wappee ne voyait toujours rien. Aucune vision, ni âme qui vive, ne venait troubler le silence qui l’entourait.
Très vite, la solitude et la peur s’emparèrent de lui.Le soir venu, il s’allongea à nouveau dans l’espoir d’avoir une vision. Mais rien ne vint. Le lendemain se passa en tous points comme la veille. La journée chaude étala les couleurs de l’aube jusqu’au crépuscule pour se fondre ensuite dans la pénombre de la nuit. Wappee ne bougea pas. Il ne lui restait maintenant que trois nuits avant de retourner chez son père pour lui annoncer qu’il n’était pas devenu un homme, mais qu’il était un lâche. Le Grand Esprit ne lui avait pas permis de faire le rêve.
Plus le temps passait, plus Wappee ressentait la douleur de l’échec. Le matin suivant, alors qu’il observait les couleurs du soleil levant, il aperçut une petite fleur aussi blanche que la neige, qui reposait à ses côtés. La fleur ouvrait grand ses pétales pour y laisser entrer le soleil. Elle se balança lentement dans sa direction jusqu’à ce que son esprit troublé fut calmé par la vue des montagnes bleues et de l’herbe verte des prés. Assis non loin de la fleur, Wappee observa les corbeaux et écouta le bruit du vent. Le jour baissait. La montagne devint rose, puis magenta. Bientôt le soleil disparut, laissant place à l’obscurité. Mais cette fois, Wappee ne se sentait plus seul. Il avait maintenant une amie.
« Petite sœur, dit-il, toi si fragile, que fais-tu dans cet endroit froid et venteux? Je vais me coucher près de toi pour te réchauffer. Mais je ne veux pas t’écraser. »
Et pendant qu’une partie de son esprit se reposait l’autre partie veillait sur la petite fleur blanche. Lorsque la nuit se prépara à rencontrer le jour, la fleur parla
« Écoute, Wappee. Hier, tu étais triste car tu ne connaissais pas la peur. Celui qui ne connaît pas la peur est fragile. L’homme sage apprend à vivre avec elle. »
Le jeune indien, surpris, s’approcha de la fleur pour mieux l’entendre. Mais la fleur se tût, en se balançant au gré du vent.
Toute la journée, Wappee ne cessait de penser à ce que la fleur lui avait dit. La nuit suivante, il protégea encore la petite fleur avec son manteau de fourrure. Puis, à l’aube, la fleur parla
«Tu as bon cœur, Wappee. Tu iras loin.»
Puis, elle se tût jusqu’à la nuit suivante. Au lever du jour, elle dit encore
«La sagesse et un coeur bon sont les qualités d’un grand chef. Si tu as des difficultés, reviens vers les collines, elles t’apporteront la paix et la chaleur.»
Puis Wappee s’endormit paisiblement. Son sommeil fut peuplé de visions, devenu chef de sa tribu, il la vit heureuse et prospère. Il était maintenant temps pour Wappee de retourner vers les siens. Cependant, avant de partir, il dit à la fleur
« Petite sœur, pendant trois nuits, tu m’as consolé de ma solitude, tu m’as aidé à avoir des visions. Demande-moi ce que tu veux et j’irai voir le Grand Esprit pour qu’il exauce tes vœux.»
La petite fleur répondit
« Wappee, demande au Grand Esprit de m’habiller de bleu et de violet, comme les montagnes, afin que les hommes puissent me voir et me tenir en compagnie, un petit soleil doré que je garderai tout au fond de mon cœur pour me consoler les jours de pluie, un manteau chaud pour que je puisse faire face au vent froid qui souffle et à la neige qui fond. Ainsi, j’apporterai confort et espérance à tous les hommes.»
Le Grand Esprit, qui avait entendu cette conversation fut sincèrement touché par la bonté de Wappee envers la fleur aussi, répondit-il aux souhaits de ce dernier.
La petite fleur blanche devint alors bleue et violette avec au centre un cœur chaud et doré, enveloppé d’un manteau de verdure. Cette petite fleur communément appelée crocus des prairies est l’anémone. Les hommes admirent sa force et sa fragilité, ses couleurs et sa chaleur. Elle est aujourd’hui l’emblème floral du Manitoba.






























