Sur la piste rouge

Archive for octobre, 2011

Pumpkins’Time

by admin on oct.28, 2011, under Histoire et Culture

Pumpkins,Halloween,fête,citrouille,amérindiens,origine,culture

Bientôt La Fête à La Citrouille…

La citrouille, et les courges d’hiver en général, ont fait partie du quotidien et de la religion chez les peuples des deux Amériques. Ce sont les Amérindiens qui ont fait connaître ce légume versatile aux premiers arrivants. C’est eux qui leur ont appris les multiples usages puisqu’ils la cultivaient depuis plus de 8 000 ans.
Ils la firent connaître aux Conquistadores qui l’emportèrent en Europe.

La courge a joué un rôle prépondérant dans l’agriculture amérindienne. Avec le maïs et le haricot, la courge fait partie du monde mythique de la fondation et de l’introduction de l’agriculture. On la vénère et de nombreuses cérémonies ont lieu à la période des semences et de la récolte.

Chez les Indiens Mandan, quatre ancêtres vinrent un jour des profondeurs de la terre pour leur apprendre l’art de l’agriculture. Le plus jeune, qui avait pour nom « Tête chauve comme un hochet en calebasse », apporta la courge.
C’est le chef « Manteau bien fourré » et prêtre du maïs qui apprit aux habitants de la terre à cultiver les champs; il distribua des graines de maïs, de haricot, de courge et de tournesol entre les familles pour qu’elles ne puissent jamais mourir de faim.

Les Indiens Navajo appliquaient sur les brûlures une purée de citrouille afin de couper l’effet.

Chez les Indiens Cherokee, la citrouille et autres courges d’hiver avaient dans leurs entrailles des pépins précieux qui, infusés, permettaient de guérir les coliques, diminuer les pierres aux reins, calmer la fièvre et les problèmes urinaires, réduire l’oedème, etc. Une poignée de pépins broyés, infusés dans 1/2 litre d’eau bouillante à couvert pendant 20 min. sur feu doux et 30 min. de repos hors du feu faisaient des merveilles.

Mais surtout, les tranches de citrouille faisaient un malheur posées sur la tête d’un malade atteint d’une crise de délire. Étonné, sidéré de se retrouver coiffé d’une citrouille, ce cucurbitacée avait la propriété de créer un choc psychique sur le malade et remettait d’aplomb les esprits les plus dérangés…
C’est ce que racontaient les médecins sorciers de l’époque…

Joyeux Halloween

De nos jours, elle est essentiellement produite
pour fêter le traditionnel Halloween et y sert d’ornement

gif-halloween-2u5vbEstQ4

Joyeux Halloween

Bonne journée

74 Comments :, , , , , , , , more...

Noms d’Origine Amérindienne

by admin on oct.26, 2011, under Histoire et Culture

American Indian and Pionners

L’Amérique du Nord était peuplée de tribus amérindiennes avant l’arrivée des colons européens. Une partie des lieux naturels (cours d’eau, montagnes, etc.) furent nommés officiellement à partir des noms que leur donnaient ces tribus. Les Algonquins furent parmi les premières tribus au contact des émigrants, c’est souvent le terme de cette langue qui passa alors dans la langue des colons.

American Pionners

*Michigan, état des États-Unis est un lac (de l’algonquin « metchagamiwi », la grande mer)
*Mississippi, état des États-Unis et plus grand fleuve de ce pays (de l’algonquin « mitchisipiwi », la grande rivière)
*Missouri, plus longue rivière des États-Unis et affluent du Mississippi.
*Ottawa, capitale du Canada (de l’algonquin « adawe », commercer, c’est le nom qu’on donnait au peuple qui contrôlait le commerce sur la rivière)
*Québec, ville du Canada et nom de la province francophone du Canada (de l’algonquin « kebek », la région qui entourait la ville de Québec, terme qui décrit un passage étroit ou un détroit, soit le rétrécissement du fleuve Saint-Laurent au cap Diamant)

Copie de colonisation2

Ce n’est pas le moindre paradoxe que la moitié des Etats faisant partie des Etats-Unis tirent leur nom de lieux ou de tribus indiennes :
*Alabama, vient du nom de la rivière Alabama, qui était aussi le nom de la tribu indienne locale
*Alaska, est une déformation du nom indien Aleut, qui signifiait « grande terre » ou « terre sur laquelle viennent se briser les vagues »
*Arizona, vient de l’expression des Indiens O’odham, qui veut dire « petit saut »
*Arkansas, est un terme issu des Indiens Quapaw- Connecticut, correspond au nom indien « Quinnehtukqut » qui signifie « à coté du long fleuve à marées »
*Illinois, expression  algonquine signifiant « la tribu des hommes supérieurs »
*Iowa, nom provenant des Indiens Loway et nom de la rivière Iowa- Kanzas, vient d’un nom Sioux signifiant « le peuple du vent du sud »
*Kentucky, provient de l’expression iroquoise Ken tah ten qui signifie « le pays de demain »
*Massachussets, est le nom de la tribu des Massachusset est signifiait « autour de la grande colline »
*Michigan, mot indien signifiant « grand lac »
*Minnesota, expression Dakota signifiant « eau à la couleur du ciel brumeux »
*Mississippi, nom indien voulant dire « Père des eaux »
*Missouri, nom de la tribu des Missouri, signifiant « village des grands canoes »
*Nebraska, nom indien Oto signifiant « eau calme »
*Dakota du Nord (et du Sud) nom sioux signifiant « amis ou alliés »
*Ohio, nom iroquois signifiant « grande rivière »
*Oklahoma, vient de deux noms Choctaw signifiant « peuple rouge », l’Oklahoma fut dans un premier temps la grande réserve indienne (1830) appelée pour la circonstance Indian Territory
*Tennessee, est un nom Cherokee- Texas, est un nom indien qui veut dire « amis »
*Utah, nom provenant des Indiens Ute et signifiant « peuple des montagnes »
*Wyoming, nom des Indiens Delaware signifiant « paysage de montagnes et de vallées »

Niagara Falle-Les Chutes du Niagara

Par ailleurs un nombre très important de villes et d’endroits très connus tirent leur nom d’une origine indienne, en voici quelques exemples :
*Chicago, est un nom algonquin signifiant « champs d’ails »
*La baie Chesapeake au sud de Washington ets le nom d’un village algonquin
*Malibu, en Californie, vient des Indiens Chumash
*Manhattan est un nom algonquin signifiant « endroit isolé dans les eaux »
*Milwaukee, dans le Wisconsin, est un nom algonquin voulant dire « un bon endroit »
*Les chutes du Niagara viennent du nom du village algonquin « Ongiaahra »
*La ville de Saratoga tire son nom d’une expression Mohawk signifiant « chute d’eaux tombant de la colline »

gif animé,flèche,Amérindiens

36 Comments :, , , , , more...

Vocabulaire d’Origine Amérindienne

by admin on oct.20, 2011, under Histoire et Culture

Amérindiens

Il existe de nombreux mots français d’emprunt d’origine amérindienne. Ils ont été intégrés au lexique des langues d’Europe dont le français à la suite de la découverte du Nouveau Monde à la fin du XVe siècle, qui a fait découvrir en Occident de nouvelles plantes et de nouveaux animaux qu’il fallait désigner. L’espagnol ou le portugais sont les langues-vecteurs de tels termes, en vertu du traité de Tordesillas, qui a attribué au Portugal ou à l’Espagne le bénéfice des régions amérindiennes conquises. Parfois, avant de nous parvenir via le portugais ou l’espagnol, ils ont pu passer par d’autres langues, comme l’anglais. Finalement, certaines expressions sont passées directement par le français, via leurs colonies américaines.
1. Plantes
•acajou (1578, du tupi). Deux arbres portent ce nom, dont l’étymologie est assez confuse
•ananas (1544, du tupi-guarani (a)naná, passé par le portugais) ; on remarquera que c’est le mot utilisé aussi en hindî alors que les colonisateurs anglais ont leur pineapple
•avocat (1684, du nahuatl par l’espagnol avocado)
•caoutchouc (1736, langue du Pérou difficile à déterminer)
•cacao (1532, du nahuatl cacahuatl par l’espagnol)
•cacahuète (1801 du nahuatl tlacacahuatl par l’espagnol)
•cajou (1842, du tupi cajù); dérive de acajou autre nom de l’anacardier, arbre dont il est le fruit
•catalpa (1771, d’une langue de Caroline via l’anglais )
•coca (1568, de l’aymara par l’espagnol)
•copal (1762, du nahuatl copalli par l’espagnol)
•chocolat (1598, du nahuatl xocolâtl, par l’espagnol)
•goyave (1835, de l’arawak guayaba par l’espagnol)
•haricot (1628, du nahuatl ayacotl)
•maïs (1568 de l’arawak mahiz, via l’espagnol)
•manioc (1555, du tupi manioch)
•nopal (1835, du nahuatl nopalli par l’espagnol)
•palétuvier (1643, altération de appariturier lui même altération inexpliquée du tupi aparahiwa)
•papaye (1579 probablement d’une langue caraïbe via l’espagnol)
•patate (1582, de l’arawak batata par l’espagnol, entre autres, plusieurs formes s’étant croisées)
•pécan (de l’algonquin)
•peyotl (1880 du nahuatl via l’espagnol)
•quinquina (1653, du quichua kinakina par l’espagnol quinaquina)

papoose2

2. Animaux
•alpaga (1932 probablement de l’aymara allpaca par l’espagnol alpaca)
•ara (1558, du tupi arara ou du guarani araraca)
•agouti (1578, du tupi acuti ou du guarani aguti)
•cabiai (1741, du tupi capiigouare)
•caïman (1588, probablement d’origine caraïbe par l’espagnol caymán)
•caouanne (1643, probablement d’origine caraïbe par l’espagnol couana)
•carcajou (1710, du micmac, Kwi’kwa’ju ou du montagnais karkaju])
•caribou (1834, du micmac kálibu, xalibú)
•coati (1558, du tupi)
•cobaye (1820, probalement du tupi sabúya par le portugais cobaya)
•condor (1663, du quichua kuntur par l’espgnol)
•cougar (1788, du tupi susuarana par le brésilien cuguacuara(h))
•guanaco(1598, du quichua huanacu par l’espagnol)
•iguane (1658, de l’arawak ou du taino)
•jabiru (1754 du tupi-guarani)
•jacamar (1760 probalement du tupi-guarani)
•jaguar (1761, du tupi jaguara ou januare)
•kamichi (1835, du caraïbe kamityi)
•kinkajou (1776], peut être issu du croisement du montagnais karka[ju] et de l’algonquin (langue) gwing-[waage]
•lama (1637, du quichua par l’espagnol llama)
•lamentin (1640, peut être ajout de l’article fémimin la au mot galibi manati)
•margay (1765, du tupi-guarani maracaja ou mbaragaya)
•nandou (1817, du tupi-guarani par l’espagnol)
•ocelot (1640, du nahuatl ocêlôtl, qui désigne proprement le jaguar et non l’ocelot, passé par l’espagnol)
•opossum (de l’algonquin wapathemwa)
•paca (1622, du tupi pak)
•pécari (1698, du caraïbe begare)
•puma (1633, du quichua puma, par l’espagnol).
•sapajou,sajou (1654, du tupi)
•sarigue (1763, du tupi sarigué par le portugais sarigue(i)a)
•sconse (1904, de l’algonquin shi-gaw par l’anglais skunks )
•tamandua (1640, du tupi par le portugais)
•tamanoir (1756, du caraïbe tamanoa)
•tamarin (1664, probalement du tupi)
•tapir (1741, du tupi tapira)
•tatou (‘1553, du tupi tat)
•toucan (1557, du tupi tucano)
•vigogne (1640, du quichua vikuña par l’espagnol vicuña)
•wapiti (1860, de l’algonquin par l’anglais)

Mocassins

3. Divers
•anorak (1906, emprunté à l’inuit)
•barbecue (1723, de l’arawak, par l’anglais, lui-même le tenant de l’espagnol ou directement par l’espagnol, deux formes s’étant croisées)
•boucan, boucaner, boucanier (1578, du tupi mokaém); le sens « bruit, débauche » vient de bouc.
•cacique (1545 (de l’arawak par l’espagnol et l’italien)
•cannibale (1515, de l’arawak caniba par l’italien et le latin moderne, le tenant de l’espagnol)
•canoë, canot (1888 du taino par l’espagnol canoa)
•carbet (1614, du tupi que les colons français ont apporté aux indiens caraïbes des petites Antilles)
•curare (1758, du caraîbe urari par l’espagnol)
•gaucho (1826, du quichua par l’espagnol d’Argentine)
•guano (1598, de l’aymara et du quichua wanu via l’espagnol)
•hamac (1659, du taino de Haïti par l’espagnol hamaca’ et l’italien)
•igloo (1927, transcription anglaise d’un mot inuit)
•kayak (1851, emprunté à l’inuit)
•mescaline (1934 dérivation en -ine de l’espagnol mescal emprunté au nahuatl mexcalli)
•mocassin (mot algonquin mekezen)
•ouragan (1640, du taino hurakán par l’espagnol huracán); Le mot anglais hurricane est de la même origine.
•pampa (1716 de l’aymara et du quichua via l’espagnol)
•papoose, petit enfant amérindien (de l’algonquin papoos)
•pemmican (1836, de l’algonquin (du cree pimü) par l’anglais )
•pirogue (1638 du caraîbe piraugue par l’espagnol piragua)
•poncho (1716 par l’espagnol qui l’a emprunté une langue non identifiée)
•pow-wow (probablement du nagarransett powwaw désignant le chaman)
•canada (par jacques cartier:explorateur francais en nouvelle france) signifie village en huron
•sachem (1784, mot algonquin)
•savane (1529, du taino de Haïti par l’espagnol çabana)
•squaw (1688, de l’algonquin par l’anglais d’Amérique)
•tipi (1928, de la langue des Sioux Dakotas par l’anglais d’Amérique tepee)
•toboggan (1890, emprunté à l’algonquin du Canada par l’anglais d’Amérique)
•tomahawk (1707, de l’algonquin par l’anglais d’Amérique)
•totem (1833) probablement de l’algonquin par l’anglais d’Amérique)
•wigwam (1688, de l’algonquin wikiwam par l’anglais d’Amérique)

gif animé,flèche,Amérindiens

Bon Week end et Bonnes Vacances
Je pars pour un ptit séjour en Espagne

A bientôt…

42367444

60 Comments :, , , , more...

La Nouvelle Route

by admin on oct.18, 2011, under Poèsie

Saguaros

Ce soir, il y a une grande cicatrice dans le désert
Au bout dort un bulldozer
Avec sa grande bouche ouverte
Comme un grande bête inerte
Un coyote est assis pour regarder l’animal étrange
Il se tient à distance respectable et mange
Une chouette hulule ses questions encore et encore
Que se passe-t-il, mais l’animal semble mort
Quelqu’un construit une nouvelle route
Large, inexorable, presque une autoroute
Les grands cactus saguaros lui barrent le passage
Depuis plus de deux siècles, ils marquent le paysage
Ce soir, c’est leur dernière chance de voir le ciel étoilé
De communiquer avec la lune, de garder leur dignité
Demain matin, la grande bête se réveillera
Et dans un rugissement les écrasera

Ce désert, nous l’avons comme nos ancêtres, parcouru
Nous avons caressé ses pierres, à mains nues
Aujourd’hui elles sont condamnées
Jamais, nous ne pourrons les sauver
Maintenant, je me couche sur le sol, sous les cieux
Et je veux prier, mais vers quels dieux ?
Le coyote se lève et disparaît
La chouette a arrêté d’appeler
Je regarde la lune longuement…
Je vais dormir dans le désert, calmement
Impuissant à stopper la course du progrès
Attendant que le bruit des grandes roues m’ait réveillée

Traduction de l’œuvre de Richard Shelton

gif animé,flèche,Amérindiens

47 Comments :, , , , , , more...

Légende du Carcajou

by admin on oct.17, 2011, under Légendes

Légende du Glouton,legende micmac,Quebec,carcajou,amerindiens

Le glouton ou carcajou est un animal charognard en voie de disparition au Québec. Son nom vient d’un mot micmac signifiant esprit maléfique. Les légendes et croyances à son sujet sont si ancrées dans l’imaginaire populaire, qu’encore aujourd’hui plusieurs croient qu’il est l’animal le plus féroce des forêts du nord. Qu’il pourrait tuer un caribou et même attaquer un ours…
Le glouton a été accusé des crimes de « la bête du Gévaudan » ceci est bien sûr l’une des nombreuses suppositions faites sur cette créature car il correspond au profil fait de la bête par les victimes…

Il est un animal de nos forêts que les Blancs appellent glouton.
Les Blancs ne savent rien, Kek-oua-gou n’est pas plus glouton que le pécan ou le loup.
Il n’aime pas tant manger que jouer de vilains tours. Il vole le gibier des chasseurs, démolit leurs loges d’écorce et se rend odieux de multiples manières.
C’est un oué-soume, un mauvais génie, et les autres animaux évitent sa compagnie.
Quand ils l’attrapent, les Micmacs le tuent, mais ils ne s’excusent pas auprès de lui ainsi qu’ils le font avec l’ours. Ils ne fument pas le calumet de la paix comme ils le fument avec l’ours.
Mais ils ne peuvent pas toujours se venger de lui aussi efficacement que le firent les deux vieilles femmes qui ramassaient des cônes de pin…
Elles avaient construit leur loge dans une clairière et comme on était dans le mois des feuilles qui tombent, elles y entretenaient un bon feu.
Quand Kek-oua-gou vint à passer par là, elles dormaient, chacune le dos au feu. Elles avaient gardé leurs mocassins afin d’avoir plus chaud et Kek-oua-gou se mit à rire en dedans en les voyant.
Avec la branche de frêne dont on se sert pour attiser la braise, il poussa un tison contre le mocassin de l’une des vieilles, puis se cacha pour voir ce qui allait se passer. La brûlure réveilla la dormeuse qui courut plonger son pied dans la marmite qu’on garde toujours pleine d’eau. Puis elle poussa sa compagne:
- Regarde ce que tu as fait, lui dit-elle.
Tu as failli nous faire périr toutes les deux. Tu devrais te cacher la tête. A ton âge, ne pas savoir dormir !
L’autre se défendit à la grande joie de Kek-oua-gou qui était caché derrière le coffre à vêtements. Elle assura n’avoir pas bougé, mais sa compagne continua de la gronder.
Elles se disputèrent ainsi longtemps, puis, fatiguées, elles se couchèrent et se rendormirent.
Kek-oua-gou n’attendait que ce moment pour pousser un tison près du pied de l’autre vieille qui dut aller, à son tour, plonger son pied dans la marmite. Elle ne manqua pas de réveiller sa compagne et lui montrant son mocassin brûlé :
- Regarde ce que tu as fait !
Tu as failli nous faire périr toutes les deux. Tu peux parler de celles qui ne savent pas dormir.
À ton âge tu ne devrais pas frétiller comme une truite.
- Elle m’appelle une truite, moi qui suis du totem du castor !
Tiens attrape !
Et elle la frappa avec son mocassin brûlé.
Kek-oua-gou, dans son coin, était gonflé de rire.
Quand les deux femmes commencèrent à se tirer les cheveux, il rit si fort qu’il se fendit la peau tout le long des côtes.
Son cri de douleur attira l’attention des deux vieilles qui comprirent, en l’apercevant, qu’elles avaient été ses victimes. Ensemble, elles se précipitèrent sur lui.
L’une le saisit par la queue et l’autre lui asséna un coup de tisonnier sur la tête.
Il tomba comme mort. La lutte avait mis les deux vieilles en appétit. Elles décidèrent de manger Kek-oua-gou sur le champ.
En quatre coups de couteau, il fut écorché et sa carcasse mise dans la marmite au-dessus du feu.
- Que ferons-nous de la peau ? demanda l’une des vieilles.
- Nous en ferons la porte de la loge.
Elle nous rappellera qu’il ne faut accuser personne sans preuve.
Après avoir suspendu la peau de leur ennemi au-dessus de la porte, les deux vieilles sortirent pour aller chercher du bois.
En leur absence, l’eau se mit à bouillir dans la marmite et la chaleur ranima Kek-oua-gou.
Quand il vit où il se trouvait et que sa chair avait déjà la couleur foncé qu’elle a conservée depuis, vite, il sauta hors de la marmite et prit sa course.
En passant, il décrocha sa peau, mais il ne s’arrêta pour la remettre que beaucoup plus loin.
Il s’aperçut alors que son corps avait rétréci dans la marmite et que sa peau était devenue un peu trop grande, elle l’est encore…

Légende Micmac

gif animé,flèche,Amérindiens

41 Comments more...

Vers La Cinquième Extase

by admin on oct.15, 2011, under Poèsie

Vers La Cinquième Extase,création,rêve,accomplissement

Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien
Son sommeil durait depuis l’Éternité
Et puis soudain
Nul ne sait pourquoi, dans la nuit il fit un rêve
En lui, gonfla un immense désir
Ce fut le tout premier rêve, la toute première route
Longtemps, la lumière chercha son accomplissement, son extase
Quand finalement elle trouva
Elle vit que c’était la transparence
Et la transparence régna

Mais voilà qu’à son tour
Ayant exploré tous les jeux de couleurs
Qu’elle pouvait imaginer
La transparence s’emplit du désir d’autre chose
A son tour elle fit un rêve
Elle qui était si légère, elle rêva d’être lourde
Alors apparut le caillou
Et ce fut le deuxième rêve, la deuxième route
Longtemps, le caillou chercha son extase, son accomplissement
Quand finalement il trouva, il vit que c’était le cristal
Et le cristal régna

Mais à son tour ayant exploré
Tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verres
Le cristal s’emplit du désir d’autre chose qui le dépasserait
A son tour il se mit à rêver
Lui qui était si solennel, si droit, si dur
Il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité
Alors apparut la fleur
Et ce fut le troisième rêve, la troisième route
Longtemps la fleur, ce sexe de parfum
Chercha son accomplissement, son extase
Quand enfin elle trouva, elle vit que c’était l’arbre
Et l’arbre régna sur le monde

Mais tu connais les arbres
Il n’y a pas plus rêveurs qu’eux
L’arbre, à son tour fit un rêve
Lui qui était si ancré à la terre
Il rêva de la parcourir librement, follement
De vagabonder au travers d’elle
Alors apparut le ver de terre
Et ce fut le quatrième rêve, la quatrième route
Longtemps le ver de terre chercha son accomplissement, son extase
Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic
Du puma, de l’aigle, du serpent à sonnette

Longtemps, il tâtonna et puis un beau jour
Dans une immense éclaboussure
Au beau milieu de l’océan…
Un être très étrange surgit
En qui toutes les animaux de la terre
Trouvèrent leur accomplissement
Et ils virent que c’était la baleine
Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde
Et tout aurait pu peut-être en rester là
Car c’était très beau

Seulement voilà,
Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes
La baleine à son tour ne put s’empêcher de s’emplir d’un désir fou
Elle qui vivait fondue dans le monde, rêva de s’en détacher
Alors brusquement, nous sommes apparus, nous les hommes
Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route
En marche vers le cinquième accomplissement, la cinquième extase
Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie
Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort
Dans le plus petit brin d’herbe, sommeille un baobab
Et dans tout ver de terre, se cache une baleine
Quant à nous, nous ne sommes pas « le plus bel animal »
Nous sommes le rêve de l’animal
Et ce rêve est encore inaccompli…

Swift Deer, Shaman Navajogif animé,flèche,Amérindiens

40 Comments :, , , , , , , , , , , , more...

Vestiges du Passé

by admin on oct.13, 2011, under Poèsie

Pueblo

Il parle encore de la fois où il vint me voir
A l’occasion d’une visite dans l’ouest, avec en mémoire
Les choses que l’on peut découvrir
Dans le Nouveau Mexique, dans les déserts que l’on peut parcourir

Aussi quand il arriva je lui demandai
S’il voulait voir des ruines indiennes du passé
Ses yeux brillèrent car il pensait à ces cavernes sacrées
Remplies d’objets anciens et protégés

Il était intéressé par ces pueblos merveilleux
Que l’on peut voir dans des livres sérieux
Et voulait être en communion avec les esprits
Qui hantent toujours ces endroits sans vie

Alors je l’emmenai dans ma voiture
Parcourus quelques rues, et en guise d’aventure
M’arrêtai au bas d’un grand immeuble d’appartements
Et l’invitai à monter les étages jusqu’à une porte à deux battants

Nous sonnâmes et nous fûmes invités à entrer
Alors je lui dis tu voulais voir des vestiges indiens du passé
Je te présente ma mère et ma grand-mère
Elles ont gardé le style de vie des pueblos d’hier

Il rit devant les deux femmes ébahies
Mais il comprit que la perpétuation de la vie
Est plus forte que des souvenirs mal conservés
Et il apprit plus ce jour là que lors de ses visites passées

Depuis, il raconte toujours sa visite du Nouveau Mexique
Dans un appartement ne contenant aucune relique
Mais baigné de l’atmosphère des villages d’antan
Et protégé des attaques ennemies du temps

Traduction du poème de Paula Grunn Allen

gif animé,flèche,Amérindiens

42 Comments :, , , , , , , , more...

Lune d’Octobre

by admin on oct.11, 2011, under Poèsie

october,moon,baie de San Francisco,Amérindiens

La nuit dernière, elle m’a appelé et m’a parlé
De la lune brillant au dessus de la Baie de San Francisco
Ici à Albuquerque elle se reflète, rejetée
Dans un ciel froid, sombre au dessus de l’eau
Son reflet éclaire nos toits
Orange, après la moisson
Le vent et le froid des prochains mois
Sera bientôt à la porte de nos maisons
Je la regarde avec les enfants
La brise du soir souffle dans mes cheveux
La lune vient de l’est, lumière des champs
Elle est nue et si belle, nous sommes heureux
De la voir, de la sentir, si proche de nous
Regardez, nous sommes vivants
La femme Lune nous regarde tous
Nous la regardons et elle nous sent…

D’après Joy Harjo

gif animé,flèche,Amérindiens

44 Comments :, , , , , , , more...

Souviens Toi…

by admin on oct.10, 2011, under Poèsie

remember2

Souviens-toi du ciel sous lequel tu es né
Connais l’histoire de chaque étoile
Souviens-toi de la lune, sache qui elle est
Je l’ai rencontrée une fois dans un bar à Yowa City
Souviens-toi de la naissance du soleil à l’aube
C’est le moment le plus fort
Souviens-toi du crépuscule et de l’abandon de la nuit
Souviens-toi de ta naissance, comment ta mère a lutté
pour te donner forme et souffle
Tu es le témoignage de sa vie, de celle de sa mère
Et tu es elles toutes
Souviens-toi de ton père, il est aussi ta vie
Souviens-toi de la terre, de qui tu es la peau
Terre rouge, terre noire, terre jaune, terre blanche
Terre brune, nous sommes terre
Souviens-toi des plantes, des arbres, des animaux
Qui ont tous leurs tribus, leurs familles
Leurs histoires, eux aussi, parle-leur
Ecoute-les, ils sont des poèmes vivants
Souviens-toi du vent, souviens-toi de sa voix
Elle connaît l’origine de l’univers
Une fois, j’ai entendu son chant Kiowa
Pour la danse de la guerre à l’angle
De la Quatrième Rue et de la Rue Centrale
Souviens-toi que tu es tous les hommes
Et que tous les hommes sont toi
Souviens-toi que tu es cet univers
Et que cet univers est toi
Souviens-toi que tout est mouvement, tout grandit
Tout est toi
Souviens-toi que le langage vient de ceci
Souviens-toi du langage qu’est la danse, la vie
Souviens-toi

Joy Harjo

37 Comments :, , , , , , , , more...

My Mocassins

by admin on oct.07, 2011, under Poèsie

Beauty of Live

Mes mocassins ont laissé leurs empreintes
Sur tant de pistes inconnues, de jolis chemins
Sur chacun d’eux j’ai découvert tant de teintes
Qui ont coloré de beauté mes songes et mes dessins

Grand Esprit, donne à mon crayon les mots
Pour rendre vivantes ces images
Pour peindre ces couchers de soleil brillants et chauds
Et dessiner ces montagnes d’or, à travers les feuillages

J’ai marché au milieu de la pureté de la Terre
En regardant avec un émerveillement silencieux
Sans jamais toucher à une seule pierre
Laissant la nature décorer mes yeux

Car la beauté est partout, en tout domaine
Si on a des yeux pour voir
Le clignement d’une étoile lointaine
le gazouillis d’un ruisseau dans le soir

La brillance d’une lune, un soir de pluie
Une feuille qui se balance tendrement
Le Grand Esprit a rempli mon coeur et mon esprit
En me montrant tant de choses, simplement

Mes mocassins, j’espère, vont continuer à voyager
Sur des routes que je ne connais pas encore
Mon parcours n’est pas terminé
La beauté m’attend dehors…

Traduction du poème de Denise Lanford

gif animé,flèche,Amérindiens

43 Comments :, , , , , , , , , , more...

Looking for something?

Use the form below to search the site:

Still not finding what you're looking for? Drop a comment on a post or contact us so we can take care of it!